Avis stage de pilotage concours 3A
Par Alain CHABANAS (42)
Je vais vous présenter mon stage de pilotage réalisé chez 3A Compétition en Avril 2009.
Tout d’abord, pourquoi vouloir faire un stage de pilotage, et pourquoi avoir choisi l’école 3A ?
Mon objectif était d’apprendre et de mettre en pratique les bases essentielles du pilotage, pour voir si cela me plaisait et d’éventuellement délaisser mon baquet de copilote pour celui de pilote.
D’autre part, étant originaire de la Loire, je connaissais 3A de nom, je savais également que des pilotes de la région étaient passés par cette école et j’en ai eu des échos favorables. C’est aussi une société qui est partenaire de nombreux rallyes organisés dans la Loire, et qui communique beaucoup via Internet. De plus, compte de la gamme des stages proposés, de la qualité des moniteurs (possédant tous le diplôme BPJEPS), et de la surface du circuit en terre (permettant d’être plus facilement confronté à la glisse), je me suis orienté vers eux.
Suivant leurs conseils, j’ai choisi le stage Sportif évolution, sur 3 jours, qui est très complet au niveau des techniques de pilotage.
Le premier jour, après les formalités d’inscription et le petit café d’accueil, nous sommes invités à rejoindre notre « salle de cours » avec notre moniteur. Chacun se présente, et il est évident que la majorité des personnes présentes n’est pas ici par hasard. Les objectifs de chacun sont plus ou moins différents, plus ou moins axés sur la compétition, mais la même passion du sport automobile nous anime !
Au tour du moniteur, qui nous dévoile sa grande expérience de pilote, et cela impose forcément le respect. Il ne sera pas avare d’anecdotes vécues, pour illustrer son cours ou nous faire partager sa passion. L’enseignement sera toujours prodigué avec rigueur, mais dans la bonne humeur, tout au long du stage.
On passe ensuite dans le vif du sujet, avec comme premier thème abordé, la position de conduite et la tenue de volant. Une fois la théorie expliquée, la mise en pratique est réalisée avec des Citroën C2, sur un petit circuit comportant un slalom entre des quilles. Si tout va bien à basse vitesse, cela se complique un peu lorsque le rythme est plus élevé, les mauvais réflexes reprennent le dessus !!
Nous alternons avec les autres stagiaires aux postes de pilotes ou copilote, car on se rend compte aussi des erreurs à coté, et nous pouvons nous corriger mutuellement. Cela permet aussi de sympathiser plus facilement avec son « binôme », et de vivre parfois de bons moments de rigolade à bord de l’auto… !!
Le thème suivant est le freinage. Nous commençons par des freinages d’urgence, afin d’activer le système ABS des C2, pour se rendre compte de ces performances.
Mais il est déjà l’heure de prendre la pose déjeuner, tous ensembles avec le moniteur. Le temps passe trop vite ! Autour de la table, les sujets de conversation ne manquent pas, mais tournent toujours autour du même thème, notre passion commune. Nous faisons plus ample connaissance, et nous en apprenons encore plus sur les escapades de notre moniteur sur les divers circuits ou spéciales qu’il a pu parcourir.
De retour sur le circuit, nous approfondissons d’abord en salle la bonne technique de freinage (freinage dégressif), pour ensuite la mettre en pratique sur la piste.
Comme d’habitude, ce qui semble simple au tableau est toujours plus compliqué dans l’auto… Cette fois, nous tournons sur différentes voitures, traction ou propulsion. On en profite pour encore travailler sa tenue de volant, pour arriver à l’atelier de freinage dégressif, où l’objectif est bien sûr de freiner le plus court possible. Il faut se forcer à oublier ses réflexes de freinage progressif ! Puis, cela commence à rentrer, et on se rend compte de l’efficacité de la méthode, avec des distances d’arrêt plus courtes que celles obtenues avec l’ABS lors de l’exercice précédent !
Enfin, pour finir la journée en beauté, la gestion de la glisse est abordée. La théorie est vue en salle, pour chaque type de voiture (traction, propulsion ou intégrale). La pratique se déroule sur un joli pif-paf, alternativement sur des tractions et des propulsions, pour le bonheur de tous. La glisse, c’est beaucoup de plaisir, mais à ce stade de l’apprentissage, de nombreux mauvais réflexes resurgissent, et c’est « Bagdad au volant » comme dirait le moniteur. Bref, que du bon, mais cela montre qu’il reste du boulot.
C’est déjà la fin de cette première journée, mais la fatigue commence à se faire sentir !
Deuxième journée, on retrouve toute l’équipe autour d’un café, et c’est reparti pour l’apprentissage de nouvelles techniques.
Premières abordées, le double-débrayage, puis le talon-pointe. Si la première est assez simple à mettre en œuvre, puisque déjà pratiquée personnellement, la seconde s’avère très difficile, et je crois que je n’en ai pas réussi un seul de correct… !! Du boulot en perspective, car comme l’explique le moniteur, il y a énormément de temps à gagner en utilisant cette technique de freinage.
Second gros morceau de la journée, les trajectoires. Après un tour en salle pour voir quelle est la meilleure, et quels sont les différents points de trajectoire, petit test sur piste avec un virage défini par le moniteur, et sur lequel il fallait définir le point de corde optimal.
Nous avions tous tendance à la prendre trop tôt, et il a fallu une démo du moniteur pour nous montrer où étaient le point de braquage et le point de corde. Joli !
Nous enchaînons ensuite sur les transferts de charges, et principalement l’appel/contre-appel.
Que du bonheur aussi, avec forcément beaucoup de glisse. Comme précédemment, nous alternons toujours avec les tractions et les propulsions, variant ainsi le plaisir !
Enfin, afin de mettre en pratique tout ce qui avait été vu lors de ces 2 jours, le moniteur nous chronomètre sur un parcours regroupant toutes les difficultés vues auparavant. Tout le monde donne le meilleur de lui-même au volant, mais au bout du compte il ressort un point essentiel, c’est que pour faire un bon temps, il faut être le plus propre possible. La glisse, l’appel/contre-appel sont donc à oublier pour faire un bon chrono, et à n’utiliser qu’en cas d’adhérence très précaire, pour sécuriser le train avant…
Fin de cette seconde journée, ce qui signifie aussi que certains stagiaires vont nous quitter, puisqu’ils ont terminé leur stage « Sportif 2 jours ». Le lendemain nous ne serons donc que 6, et comme nous attaquons la 1ère journée du stage compétition, le moniteur nous annonce qu’à partir de demain, nous n’allons faire que du chrono, et que toutes les erreurs sur les techniques de base ne pourront être tolérées. Vivement demain !!
Après une bonne nuit, nous nous retrouvons donc en petite équipe. Le moniteur nous explique que différents exercices vont être à réaliser avec chronométrage, et un classement sera établi en fin de journée, au cumul de ces temps.
Les voitures utilisées pour cette journée seront uniquement des 206 Peugeot Sport groupe N rallye, ex-autos de compétition sur circuit, et qui ont donc un comportement très rigoureux et vif.
Nous démarrons cette dernière journée par l’apprentissage du pivotement de l’auto grâce au frein à main. Beaucoup de glisse et de plaisir sur cet exercice, mais une fois encore, le chrono est sans appel, plus on glisse, plus on perd de temps. Mais bon, le plaisir a pris le dessus, on s’améliorera dans les ateliers suivants.
Ensuite, travail sur un virage, dans les 2 sens, pour confirmer les techniques de trajectoires, freinage, entrée de virage, réaccélération…
Enfin, le clou de la journée, un parcours complet chronométré à effectuer plusieurs fois. Grosse pression au départ de chaque « spéciale », avec l’objectif de faire mieux à chaque fois. Pas évident, les temps de chaque passage ne nous sont volontairement pas communiqués
Une fois la rotation des stagiaires terminée, nous avons droit au même exercice, mais dans l’autre sens. Et c’est reparti pour une bonne dose de plaisir, mais toujours en restant concentré sur l’objectif de se perfectionner.
Cette journée s’achèvera sur l’annonce du classement, le bilan sur chacun de nous, et la remise des diplômes.
Ce stage fut une expérience très enrichissante, mais pour capitaliser les techniques apprises, il est plus que nécessaire de les travailler soi-même, sur le long terme.
Ce stage n’a fait que confirmer mon désir de me lancer en compétition au volant, et à la suite de celui-ci, je me suis inscrit sur une course de cote, qui se déroulait environ 3 mois après ce stage.
Cela m’a laissé le temps de travailler les bases enseignées, sur ma voiture de tous les jours, afin que les bons gestes deviennent des réflexes.
Le jour J, c’est forcément avec une petite appréhension que je prenais le départ, mais certainement aussi plus serein que si je n’avais pas participé à ce type de stage.
C’est ainsi que toutes les techniques enseignées ont été mises en pratique sur les différentes montées: la tenue de volant, le regard, le maintien du corps par le pied gauche, le talon-pointe (que je n’avais jamais réussis lors du stage)…
Il est évident que ce stage m’a permis de débuter dans les meilleures conditions possibles, et d’en profiter au maximum. Le travail réalisé par soi-même à la suite du stage permet de rendre les gestes beaucoup fluides, et cela vient ensuite tout naturellement. Ma difficulté majeure a été le ressenti du potentiel de grip de l’auto, mais il est nécessaire de rouler beaucoup plus en course afin d’apprendre encore et de s’améliorer. C’est en forgeant que l’on devient forgeron !
Mon ambition étant de participer à des rallyes, discipline demandant beaucoup d’improvisation,  et nécessitant donc d’avoir les bons réflexes pour se sortir de situations délicates, mon souhait serait de confirmer mes acquis en prenant part à la deuxième, voire troisième journée du stage compétition.
Et puis, passer un week-end en immersion totale dans le monde du sport-auto, ne parler que de ça avec des personnes autant passionnées que soi, quel plaisir immense !
Alain CHABANAS

