choisir un cadeau devient un sport de haut niveau …
Par Jean-Pierre OMONT (76)
Il arrive un âge ou choisir un cadeau pour son conjoint devient un sport de haut niveau, surtout si celui-ci ne fume pas et boit peu …
Alors, on le sonde plus ou moins adroitement. L’autre joue le jeu, tendant ici ou là quelques perches susceptible de tirer la malheureuse de son embarras. C’est ainsi que le soir du 24 décembre, j’eus la grande surprise de découvrir sous le sapin le coffret cadeau 3A Compétition ! …
Le rendez-vous fut pris rapidement pour le 13 juin sur le circuit d’Essay près d’Alençon. Durant les quelques jours qui suivirent, des sentiments diffus m’envahirent : Hâte et envie de pouvoir piloter sur un circuit que j’ai souvent fréquenté côté spectateur, anxiété aussi car elles sont les années 70-80 de la Dauphine proto, de l’Alpine GT4 et de la R8 Gordini, les quelques slaloms et épreuves régionales de mes 20 ans !
C’est ainsi que « papy » Jean Pierre, accompagné de son épouse, de son fils et de son frère sont accueillis par l’équipe de 3A par une belle journée de juin.
Tout de suite la magie opère : l’accueil chaleureux, les petites attentions envers les participants et leurs accompagnateurs, le café, les boissons fraiches finissent par dissiper les quelques appréhensions.
Nous nous asseyons autour d’une table. Après les présentations d’usage, le moniteur nous explique le programme de la demi-journée : slalom pour apprendre à bien positionner les mains sur le volant, freinage en ligne droite et freinage en courbe, deux tours de circuit, le tout en seconde vitesse et enfin deux tours assis à côté d’un professionnel du volant.
Sous un soleil de plom, les 206 survitaminées nous attendent au bord de piste. Par équipes de deux, nous montons dans l’habitacle dépouillé. Dès le contact mis, les souvenirs remontent : le bruit rauque du moteur, les sièges baquet, le harnais, l’odeur d’huile et d’essence … J’AI 20 ANS !
Dans ce contexte, difficile de se concentrer sur les mains et le volant. Mais voilà déjà la première quille : tirer, ramener le volant, la deuxième et la troisième quille : tirer, ramener … les mains font ce qu’elles peuvent. Et puis, j’ai le pied droit qui me démange ! la dernière quille est franchie, le virage à droite et puis il faudra freiner franchement sans bloquer puis relâcher tout doucement.
J’ai du faire un sacré méli-mélo de phalanges sur le volant mais on ne raye pas près de quarante ans de conduite en quelques secondes. Les deuxième et troisième tours me le confirmeront d’ailleurs.
Vient l’épreuve du freinage en courbe. Première, deuxième. La voiture s’élance franchement. Assis à la place du passager, les paroles du moniteur me trottent dans la tête : freiner sec sans bloquer et lâcher légèrement en maintenant la pression dans le virage. Mon camarade de stage, la vingtaine, se débrouille plutôt bien. Il commet cependant l’erreur de bloquer ses roues au premier passage. Assis à ses côtés, j’ai tout le loisir de l’observer et de bien ressentir les réactions de la voiture. Le moniteur lui explique son erreur et nous pouvons en discuter. Nous échangeons nos places et j’essaie de mettre en pratique les différentes observations. Trois passages ne seront pas de trop pour bien appréhender le processus de freinage en courbe.
Nous finissons la matinée de conduite par deux tours de circuit où nos ardeurs sont tempérées par le moniteur qui nous accompagne et nous encourage.
Mon stage découverte va bientôt prendre fin, mais pas avant d’avoir pu apprécier la qualité de pilotage du moniteur. Deux tours de circuit, bloqué dans la baquet, à savourer les gestes précis et rapides des pieds et des mains qui placent la voiture dans la trajectoire idéale à une vitesse remarquable : un vrai bonheur !
Nous nous retrouvons autour de la table pour échanger nos impressions et recevoir notre diplôme dans une ambiance conviviale. J’envie déjà les stagiaires qui restent l’après-midi et qui pourront s’exercer à la pratique du talon-pointe.
A l’issue de ce stage de découverte, j’ai retenu deux choses : d’abord, ne pas avoir de préjugés sur ses propres capacités car bien souvent on a tendance à se sous-estimer. Ensuite, aborder ce stage avec beaucoup d’humilité car l’expérience d’une longue conduite est souvent synonyme d’acquisition de mauvais réflexe. Ceci ne doit en aucun cas décourager les plus de cinquante ans car je peux vous le confirmer, ils n’ont rien à envier aux plus jeunes.
Merci à l’équipe 3A Compétition de m’avoir fait passer cette formidable matinée et donné l’envie de recommencer


