Je vais apprendre à contrôler ma voiture
Voici notre gagnant au Jury du 30 Décembre 2010 :
Guillaume DENIEUIL (42)
Il ne faut pas être en retard !!! Même si je joue presque à domicile, le réveil sonne à 7 heures aucune importance, il n’ a pas besoin de me réveiller, la nuit a été courte tellement l’excitation est grande, durant les 2 prochains jours je vais apprendre à contrôler ma voiture !
8 heures 45, je pousse la porte d’entrée de 3A Compétition, apparemment je ne suis pas le seul à avoir eu l’idée d’arriver en avance car je suis le dernier, l’accueil de Madame HUPFER est chaleureux autour d’un bon café qui ne peut se refuser.
Arrive alors telle une tornade d’énergie un gars joviale à la voix qui porte « Bonjour tout le monde, je me présente, je serai votre bourreau pour les 2 jours qui viennent ! Non sans rire, je m’appelle Laurent et bienvenue à tous ! » S’en suit la présentation de chacun et de sa pratique de la conduite, de l’emploi du temps des prochaines 48 heures ainsi que la répartition des binômes.
Soudain Laurent lance cette phrase : « Bon, qui pense savoir conduire ici ? » nous nous regardons en silence, personne ne se manifeste « Tant mieux, on gagne du temps car sachez qu’ici vous allez re apprendre à conduire, à tourner un volant et à utiliser de manière différente les pédales »
Nous voici partis (re)apprendre à tourner le volant et comprendre la trajectoire du virage. Enfantin ? Ni l’un ni l’autre ne le seront car chasser de mauvaises habitudes n’est pas facile, loin de là .
Distribution des talkies afin d’entendre les commentaires que peut nous faire Laurent et bouclage de ceinture.
L’ambiance du binôme est très bonne, on s’auto corrige ou re-explique ce que Laurent nous a patiemment montré, savoir la position des mains sur un volant et comment le tourner sans croiser les bras et finalement ne pas s’emmêler pour ne pas perdre le sens des roues.
Retour dans la salle. Laurent, l’air amusé, prends la température « Alors c’était comment ? » Compliqué !!! « Ne vous inquiétez pas, ça va venir, faut prendre son temps. Il saisit alors une bouteille de soda « Vous voyez, toute l’après midi je vais vous montrer que la voiture c’est comme la bouteille, quand on la penche en avant, le poids est sur les roues directrices et quand on la penche en arrière, c’est l’inverse » Personnellement, je n’avais jamais vu une bouteille de cette façon mais je n’allais pas tarder à découvrir qu’il avait totalement raison.
Nous nous dirigeons vers le circuit terre, où un virage en épingle est dessiné par des cônes. « L’exercice n’est pas compliqué, vous devrez rentrer à 60 à l’heure dans ce virage et en ressortir ! » Dis comme ça, la mission parait simple… Mais tourner sur une surface glissante à cette vitesse peut révéler des surprises et là est bien le but de l’exercice : nous sensibiliser au fait que la voiture ne fait pas forcément ce que l’on veut mais qu’on peut l’y aider.
Pendant une heure les passages se succèdent sans cesse en ajoutant quelques variables à l’exercice et à chaque fois en changeant de type de véhicule car oui, une traction ne réagit pas de la même manière qu’une propulsion et encore moins qu’une 4 roues motrices !!!
Mais notre ange gardien, Laurent pour ne pas le citer, est toujours là pour corriger par le biais du talkie notre trajectoire ou la façon de diriger la voiture.
L’exercice fini, de nouveau debriefing dans la salle afin de connaître nos impressions qui sont encore unanimes : « une voiture c’est pas seulement un volant pour la diriger ! »
Laurent illustre ses conclusions par des remarques sur chacun, sur la façon que l’on a d’appréhender le virage tout au long de l’exercice et ce que cela apporte.
De nouveau sur la piste mais cette fois-ci pour le freinage d’urgence. « On ne le fait pas tous les jours mais il est indispensable de le maitriser, il peut vous sauver la vie ou celle des gens en face ! » Nous écoutons alors religieusement son exposé. Derrière lui se dessine le nouveau tracé : une ligne droite et une série de cônes dans lesquels il faut immobiliser la voiture.
Le véhicule se lance, la zone de freinage est vite atteinte, ne pas bloquer les roues mais être juste à la limite. Plusieurs essais sont nécessaires afin d’arriver à ne plus renverser les quilles et de gagner de précieux mètres au freinage qui peuvent sauver des vies.
Laurent est toujours là , perché au sommet d’une butte et observant nos moindres gestes, commentant par le biais du talkie : « Ne débraye pas ! », « C’est bien ! »
Les exercices s’enchainent en mixant ce que l’on a appris au fil de la journée, prendre un virage en épingle, freiner en état d’urgence, freiner en sortie de virage tout en comprenant et gérant la réaction de la voiture.
La journée s’achève ainsi, petit debriefing dans la salle, la fatigue se lit sur les visages. Notre instructeur conclut ainsi son bilan de la journée : « Voilà , vous avez les bases, maintenant il n’y a plus qu’à les appliquer. Ca ne viendra pas de suite mais petit à petit. Et surtout, dormez bien cette nuit car demain sera un autre jour ! »
Le trajet de retour est consacré à appliquer toutes ces nouvelles données : positions des mains sur le volant, trajectoire d’un virage, double débrayage, talon-pointe… Décidément certaines choses ne sont pas innées et il va falloir du temps mais je suis ravi de ma journée.
Il avait raison Laurent, la voiture c’est comme une bouteille et les pédales sont aussi utiles pour la diriger que le volant lui-même.
Le lendemain 8h45 !!! Je retrouve mon camarade de binôme autour d’un bon café, tout le monde est là , on attend fiévreusement la suite des opérations.
« Aujourd’hui on accélère le rythme et on va commencer à compliquer un peu les exercices » nous annonce Laurent avec un grand sourire. « Hier nous avons séparé chaque atelier et aujourd’hui nous allons les réunir »
Puis il se retourne vers moi avec un grand sourire : « Comme certains aiment la glisse on va travailler ça aussi » J’avoue avoir eu un peu le pied lourd la veille et l’exercice du virage se prenait souvent en travers pour ma part…
Direction la piste en terre ! Se dessine au loin un véritable tracé où s’enchainent virages en courbe, épingles, chicanes pour finir sur un freinage d’urgence.
Autant vous dire que l’exercice est périlleux mais les conseils et commentaires de notre instructeur aident grandement l’aventure.
Ainsi, d’ateliers en debriefings toute la journée les notions commencent à rentrer pour devenir non plus une épreuve insurmontable mais un jeu, certes encore timide, prenant un peu plus d’assurance à chaque tour, tout en pêchant par excès pour finir dans les plots avec un inévitable commentaire de Laurent « Ben… c’était bien au début… mais t’as pas vu que le virage tournait à gauche et non pas à droite ? »
La journée s’achève. Que le temps a pu passer vite durant ces 2 jours… où j’ai appris plus de choses en 48 heures qu’en 8 années de conduite !!!
Appris non pas en ayant bien plus confiance en moi ou en ma voiture mais justement en faisant le point sur mes propres connaissances et tous ces défauts qui se sont installés au fil des ans et des kilomètres…
Voilà plus d’un an que j’ai fait ce stage, je m’en souviens comme si c’était hier et je n’ai qu’une seule idée, y retourner ! Et oui Laurent, si tu me lis, t’avais bien raison, il faut du temps pour assimiler mais là , je pense que j’ai besoin d’une petite piqûre de rappel histoire de faire le point sur toutes ces connaissances ! Je retournerai vous voir et cela sera avec le plus grand plaisir
Guillaume DENIEUIL














Le commentaire de la photo est de Laurent lol !