pilotage sur terre, la meilleure école pour apprendre à maîtriser son auto
Nils MOULIN (38)
Dimanche 17 janvier, 7h00 du matin, il faut se lever : dur ! Pourquoi quitter ce lit bien chaud si tôt un dimanche ?
Pourquoi se lever sans bruit pendant que tout le reste de la maison dors ? Enfin, tous, presque tous… Oural, le cocker de la maison, voyant que je bouge, se lève aussi et s’étire en me regardant, se demandant dans combien de temps il va pouvoir aller faire un tour dehors. Sortir ? Avec ce temps ? Il y a de la neige de partout ! Certes, elle a fondu mais il y en a encore une bonne couche sur les trottoirs…
Bon, allez je me motive, m’habille chaudement sans bruit et je mets mes chaussures dans l’entrée. Oural ne me quitte pas d’une semelle comprenant qu’il va pouvoir se dégourdir.
Un bon bol de fraicheur polaire et un chien soulagé plus tard, je me retrouve dans la cuisine en train de préparer le déjeuner familial : un biberon pour le petit dernier, 2 pains aux laits au Nutella pour le grand, le café et ses gâteaux pour ma marmotte préférée, mon bol de café au lait pour moi et … 3 FROLIC pour le truc avec des poils qui n’est pas encore allé se coucher !
Pourquoi se lever en ce jour Pascal, et si tôt de surcroit ?
Et bien, en fait, c’est un cadeau que j’ai reçu il y a longtemps déjà pour mon anniversaire. Et pour ne rien vous cacher, j’avais demandé à faire un stage de pilotage. J’avais demandé et j’ai eu le plaisir de ma voir offrir ce stage de pilotage : cool !
Il est vrai que « stage de pilotage » ça veut tout et rien dire !
Ca pourrait être un stage de pilotage de tondeuse à gazon autotractée (il parait même qu’il existe des courses d’engins de ce type alors pourquoi pas… !).
Non, en fait j’ai reçu un petit bouquin avec plein de formules différentes à choisir : pilotage d’une superbe voiture rouge sur un circuit automobile pendant 3 ou 4 tours, des fois même pilotage, heu non, passager en fait(il appelle ça : initiation, ouais, bof…) ou pilotage pendant 7,5 tours sur circuit d’une voiture de marque, ou encore balade avec une voiture de luxe dans la campagne, sur route, en respectant forcément les limitations de vitesse bref en cloisonnant l’éventuel plaisir.
Cette formule me fait un peu cet effet : Vous imaginez être dans un superbe restaurant, en charmante compagnie, avec en train d’arriver devant vous une pièce de bœuf superbe, cuisiné exactement comme vous la souhaitez, d’un aspect que nous dirons de parfait, avec une présentation aux petits oignons que rien que le fait de la voir approcher de la table vous fait sentir au fond de votre gosier une réaction physiologique intense vous préparant à une dégustation apocalyptique et un affolement général de vos papilles. C’est alors que le chef qui accompagne solennellement les serveurs vous déclare : « voilà , monsieur, un onglet de bœuf limousin, paré de ses petits légumes et d’une sauce aux morilles du Sud-ouest paré de quelques copeaux de truffes du Gers, cuisiné comme vous nous l’avez demandé. Bien entendu, comme prévu, vous pourrez seulement en sentir le bouquet et les arômes, nous ne voudrions pas que vous commettiez un excès. Vous savez, malgré toutes les précautions que nous prenons, un dépassement de votre taux de cholestérol peut être fatal… ! »
Non, ce n’est pas vers une activité de ce type que mon choix s’est tourné. J’ai plutôt préféré être acteur de mon plaisir, j’ai voulu vraiment ME faire plaisir et en profiter pour apprendre.
Apprendre ?
Oui, j’ai mon permis de conduire, encore, si, si !
Mais je conduis de nombreux véhicules différents et ils en existent encore certains qui ne disposent du dernier cri de la technologie embarquée (ABS, ESP, et tout ces trucs super anti-accident qui font qu’aujourd’hui il est impossible d’en avoir d’ailleurs…Quoi ? Ce n’est pas encore le cas ?)
Dans ma jeunesse, je ne suis pas une relique ne nous emballons pas, hein ? Donc, dans ma jeunesse, j’avais lu que le pilotage sur terre était la meilleure école qui soit pour apprendre à maitriser son véhicule lorsque ce dernier a décidé de ne plus faire exactement ce qu’on avait prévu en entrant dans le virage par exemple. C’est d’ailleurs un peu ce qu’il s’est passé pour nombre de conducteurs ces derniers jours avec toutes les chutes de neige sur les routes de la région.
Je cherche donc un stage sur terre…
Les formules sont différentes les unes des autres et les durées sont très variables…
Quitte à faire un déplacement assez long autant y aller pour un moment et pas seulement pour une « initiation », au moins se dire qu’on en a pour son argent et ne pas avoir simplement les biscuits d’apéritifs.
J’ai vraiment envie de cette pièce de bœuf, vous l’aurez compris j’espère !
C’est là que je tombe sur l’école 3A. Ca me semble correspondre à ce que je veux et puis arrivé à un moment il faut se décider… Je me décide donc et je prends rendez-vous pour cette journée, voilà c’est fait.
Le problème est que j’ai un peu de trajet quand même…
De Lyon ce n’est pas la mort du petit cheval, quand même mais il faut prévoir le temps de trajet. Je n’ai pas envie d’arriver en retard.
Après toutes ces pérégrinations matinales, me voilà enfin dans ma vieille voiture, une PEUGEOT 505 Diesel oui mais équipé de vrais pneus clous ! J’ai hérité dernièrement de cette vieille voiture et mon père avait toujours aimé les clous, d’ailleurs avec toutes cette neige, cette année, j’étais bien content de les avoir.
Je branche le GPS, je le programme et c’est parti !
Passé ST ETIENNE (42), je sors à la sortie indiquée, je vais arriver juste à l’heure tout va bien.
On m’indique l’accueil et en arrivant on me colle un café dans la main ! Vu la T° extérieure, c’est appréciable. Du coup, comme on me le propose, j’en reprends un autre. Tiens il y a même quelques croissants, sympa.
Ensuite cours en salle !
GGRRRrrr ! Je suis pas fan des cours. En plus, j’ai pas pris de cahier…
Tiens on nous explique ce qu’on va faire et le programme de la journée, et la présentation est faite par des moniteurs qui ne se mettent pas au tableau pour déclamer un cours magistral et théorique. Ils nous posent des questions et ils nous apportent quelques idées tout en nous indiquant qu’il va nous falloir les mettre en pratique par la suite sur le terrain.
Facile à dire… On roule sur quoi ?
Dans un premier temps, on va d’abord rouler dans des …C3 ! Heu… Ils ont vraiment peur qu’on se fasse mal ou quoi ?
On nous explique, en fait, qu’on va d’abord faire quelques tours pour apprendre à tourner le volant… Il me semblait que c’est déjà ce que je faisais pour conduire…Mais non, en fait, on nous explique qu’il faut légèrement changer notre façon habituelle de conduire pour apprendre une autre méthode plus efficace en matière de pilotage.
OK, voyons voir alors. Le terrain ! Alors le terrain, une grande histoire !
Effectivement on n’avance pas vite mais on avance, déjà un souci de moins. On n’avance pas fort mais ça glisse bien, très bien même !
Dans le groupe nous sommes répartis par trinôme et par voiture. Lorsqu’un conduit, un est passager et le 3ème attend son tour. Ca va vite et on n’a pas trop le temps de s’ennuyer.
La technique. Je ne vais pas parler de la technique ni faire un cours magistral car l’intérêt est justement de … PRATIQUER.
Passé l’appréhension, et après avoir compris comment tourner le volant arrivent des choses un peu plus sérieuses avec des slaloms à faire sur le parcours entre des quilles.
On prend enfin des voitures un peu plus « nerveuses » en traction : une Citroen Volcane (1,9GTI), une 106 rallye. En propulsion : BMW 320.Il y a aussi une SUBARU 4 roues motrices mais je n’avais pas voulu prendre le supplément voulant déjà maitriser les motricités de bases…
Et ca a été l’heure d’aller manger.
Petit restaurant bien sympa, dont le prix était compris dans le forfait de la journée.
Et après ? Sieste ?
Ben non, on s’y remet et on enchaine tour après tour, en passant de voitures de type propulsion à traction et en comparant ainsi les différences spécifiques et en s’adaptant de mieux en mieux.
Vers la fin de cette journée, voir même tout au cours de cette journée, je serais extrêmement surpris de constater la simplicité des réactions des voitures ! Chaque fois que je ferais ce qui m’a été dit dans tel ou tel moment et bien la voiture fera exactement ce qu’il m’a été annoncé qu’elle ferait.
Qui n’a pas eu peur de voir ou de sentir sa voiture déraper de l’avant ou de l’arrière et se demander qu’est-ce qu’il convenait de faire ? La prière ? Oui mais avant ? Que faire ?
Là , je comprends. Ma voiture a le cul qui part ? Bon, d’accord. C’est donc un fait, pas de panique. Je fais ce qu’il m’a été dit, la voiture se stabilise, elle va où je veux, j’accélère et elle se replace. C’est tellement simple que j’ai du mal à comprendre pourquoi cela me paraissait auparavant si dur, voir même impossible !
Je vais d’étonnement en étonnement, mais surtout j’apprends à ne plus craindre ces phénomènes de glisse. Si je n’ai pas peur, je ne panique donc plus. Si je ne panique plus je ne fais plus n’importe quoi. Je contrôle avec douceur et tout se passe bien ! C’est super cool !
En fin de journée, je prendrais de plus en plus de plaisir. J’essayerai de faire des belles courbes tout en travers : c’est beau !
Puis arrive enfin la fin de journée.
Un petit débriefing, pour nous rappeler ce que nous avions vu, pour nous dire aussi de rentrer cool. Nous n’avons pas des voitures de courses et c’est encore tout neuf en nous. De toute façon, une 505 Diesel, ce n’est pas une voiture de course ! Ou alors pas dans nos contrées.
Et après ?
Après, on se surprend à modifier sa position de conduite (même au volant d’une 505 !) On ne craint plus la neige, heureusement d’ailleurs vu se qui est tombé par la suite…
Même sans ABS, sans ESP, (bref sans trucs qui tombent en panne !! Sans emmerde quoi !) on peut rouler et même s’y sentir en sécurité. Au moins, ne plus avoir le sentiment d’aller au « casse-pipe » à chaque fois que les conditions météo sont facétieuses !
Il tombe des cordes ? J’arrive dans un rond-point avec un soupçon de gas-oil ? Un peu trop optimiste ? J’ai donc l’arrière de ma voiture qui veut me doubler, mais je ne casserais rien ! Je ne blesserais personne ! J’aurais juste le derrière qui aura bouger un peu et je ne serais pas surpris, donc je pourrais rester maitre de la situation !
Merci donc à l’équipe 3A Compétition !
Merci pour l’accueil, pour le fait de se mettre à la porté de tous et d’expliquer comment ça se passe et de ne pas simplement nous coller le c.. dans une auto-tamponnante et de nous délivrer ensuite une attestation. Merci pour m’avoir appris quelques chose de nouveau, qui me servira en plus.


